À la fin du mois, nous sommes tous appelés devant les urnes pour dire Oui, ou Non, à la constitution euro-péenne. Et il faut bien reconnaître que la cacophonie politique actuelle rend le débat suspect et le choix cornélien.Il y a dans ce dé-bat sur la consti-tution européenne comme un parfum de malhonnêteté. Pas facile de s¹y retrouver. Qu¹ils soient partisans du oui ou du non, les politiques qui occupent les devants de la scène médiatique ne semblent pas très clairs.
L¹art de faire du neuf avec du vieux
Tout d¹abord rappelons que, même s¹ils font tous semblant de décou-vrir ce texte, les politiques le co-nnaissent bien, et pour cause, puisque la constitution est, dans sa grande majorité, consti-tuée des textes des traités déjà signés depuis longtemps (Traité de Nice, traité de Maastricht).
N¹oublions pas non plus que, quelque soit leur apparte-nance politique, la plupart des grands partis ont approuvé ces traités actuellement en vigueur.
Quand le mauvais devient bon
Dans le camp du oui on clame à qui veut l¹entendre qu¹il est important de ne pas rester sur ces traités qui ne sont pas ³bons² et que la constitution, elle, est une avancée importante, qu¹elle est ³bonne² pour nous et pour l¹Europe. Or, ce n¹est pas en ren-dant le ³mauvais² moins mauvais qu¹il devient pour autant acceptable. Ceux qui s¹appuient sur cet argument falla-cieux sont-ils réellement honnêtes avec les français ?
Le libéralisme ? Une vieille histoire
Dans le camp du non, les arguments majeurs s¹appuient sur les risques économiques que nous prenons en acceptant d¹ouvrir grand les portes au libéralisme. Le libéralisme est entré en Europe et en France depuis près de 20 ans et la classe poli-tique, dans son ensemble, est responsable de cet échec. Laisser croire aux citoyens qu¹en votant non ils dresseront un rempart contre le libéralisme relève de la tromperie !
Des questions légitimes
En revanche, on peut objectivement se demander s¹il est normal qu¹une constitution porte en elle un modèle économique déter-miné ? S¹il est normal qu¹elle n¹assure ni sa propre remise en cause, ni contre-pouvoirs aux citoyens, ni la réelle séparation des pouvoirs.
Nabil El-Haggar est universitaire, engagé dans Les Gens d¹Hellemmes et président du mouvement Les Gens.